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Lyon : 4113 victimes du Levothyrox Nouvelle formule contre le laboratoire Merck

Ce lundi 3 décembre, aura lieu l'une des plus grosses actions portées cette année par les victimes de la Nouvelle Formule Levothyrox. Ils seront 4113 plaignants défendus par Maître Christophe Leguevaques au Tribunal civil de Lyon. 

Le nombre élevé de plaignants a contraint le Tribunal à se décentraliser pour accueillir tous les participants.C'est donc dans la salle Double Mixte 19 Avenue Gaston Berger 69100 Villeurbanne  que se tiendra l'audience. Il est prudent d'arriver vers 8h30 pour pouvoir y assister. 

 

 Dans cette procédure, les plaignants demandent l'indemnisation sur les seuls dommages non-corporels, c'est à dire qu'ils attaquent Merck Sérono et Merck Santé dans le défaut de respect de leur obligation d'information, dans leur absence de respect du devoir de vigilance à l'égard de personnes qui ne disposaient entre mars 2017 et octobre 2017 d'autres alternatives pour faire face aux effets secondaires générés par la Nouvelle Formule. 

 

De même qu'à Toulouse, les avocats de ce laboratoire avaient assigné l'ANSM pour se dégager de leur responsabilité concernant le changement de la formulation, dans leurs conclusions de mai 2018, Merck Serono et Merck Santé tenetent de s'extraire de toute responsabilité en créant le doute. 

 

Ils créent la confusion entre la lisibilité de la notice et la qualité de la formule. On notera que la liste des effets indésirables était largement incomplète, notamment l'alopécie n'y figure pas ! Nous ajouterons qu'aucun des malades thyroïdiens ne s'attendaient à des effets perdurant 18 mois plus tard, et encore moins pour certains à se retrouver dans un état d'invalidité inacceptable ! 

 

Merck tente aussi de faire supporter aux deux grandes associations de malades thyroïdiens la responsabilité de la mise en place du nouveau médicament. 

Or, chacune d'elles certifie n'avoir été informée que par une conversation très brève mentionnant un changement anodin d'excipient dans l'intérêt des malades à l'automne 2016, puis par un mail publié sur l'ANSM le 23 février 2017, avec demande de remarques à renvoyer pour le 27 février avec arrivée de cette formule en pharmacie le 30 mars ! 

 Un scénario beaucoup trop précipité pour être validé pour sa transparence ! 

 

Merck met aussi en avant la responsabilité des médecins et des pharmaciens afin de se dégager de la sienne ! 

C'est d'ailleurs la mise en garde que l'Union avait adressée à l'Ordre des médecins et des pharmaciens dans sa lettre de juin 2018, après avoir entendu Madame Claire Amprou, directrice adjointe de la DGS, pendant la réunion du 31 mai impliquer moultes fois la responsabilité du manque d'information et de suivi à ces deux corporations de santé. 

Leur absence de réponse leur sera nécessairement préjudiciable ! 

 

Christophe Léguevaques s'appuie sur le nombre de signalements du dernier rapport de pharmacovigilance où il apparaît que le nombre de signalements dépasse les 30 000, chiffre en soi très important puisqu'il représente à lui seul un tiers des déclarations enregistrées  par ce site pour l'année 2017. 

 

Mais selon les recherches de l'Upgcs, on sait maintenant que ce n'est que la partie visible d'un iceberg puisque selon le professeur Romain Ghérardi il existe entre 94 voire 98/100 de non remontées dans le cas de crises sanitaires telles que celle du levothyrox. On pourrait en conclure qu'il s'agirait de 2 000 000 d'effets indésirables qui devraient être pris en compte, ce qui se coïncide totalement avec le nombre de switchs enregistrés selon l'observation des statistiques de la Sécurité sociale ! 

Dans ses conclusions l'avocat des victimes fera référence à de  nombreux témoignages scientifiques pour le retour à l'ancienne formule tels ceux du chimiste Jacques Puech, du chimiste Pierre Vitte ! 

On admirera le courage de l'avocat de dénoncer lors de sa plaidoirie les conflits d'intérêts jusqu'à la collusion d'intérêts, osant même parler des rétributions perçues par d'éminents professeurs et endocrinologues tels André Grimaldi, Philippe Bouchard, Jean-Louis Wemeau et Jean François Bergmann qui aurait perçu 62471 euros par le laboratoire Merck ! On comprend mieux son argumentation soutenue de Nocebo !!! 

 

Il s'appuie également sur la reconnaissance du taux de stabilité 95/105 du Novothyrox (USA)  fabriqué par Merck et Genpharm en Allemagne sur le même site que l'ancienne formule afin de contredire l'argumentation selon laquelle l'instabilité de l'ancienne formulation aurait contraint à cette modification. 

 

Enfin, il reviendra sur l'aberration que constitue l'association de la levothyroxine sodique et de l'acide citrique en s'appuyant sur des travaux scientifiques  reconnus .

C'est donc un moment majeur pour les victimes que cette action du 3 décembre au Tribunal de Lyon ! Non seulement pour les 4115 plaignants mais pour tous les malades thyroïdiens touchés par les effets secondaires de cette nouvelle formulation du levothyrox ! 

Temps majeur que ce début décembre puisque dès le lendemain, Vivre sans Thyroïde assignera Merck en référé devant le Tribunal de Grande Instance de Lyon. 

Une nouvelle fois Maître Leguevaques, avocat de cette association, se retrouvera avec Madame Beate Bartès devant le Tribunal pour réclamer transparence et traçabilité concernant la fabrication Levothyrox et une expertise réalisée par un laboratoire  indépendant de l'ANSM ! 

Il nous faudra donc attendre 2019 pour espérer que la balance de la justice penche à Lyon comme cela l'a été à Toulouse en faveur des victimes de cette crise sanitaire ! 

Il est temps d'avancer au moment où chaque jour, l'actualité révèle un nouveau scandale sanitaire dénonçant un système sanitaire trop favorable aux lobbies plutôt qu'aux patients et les limites de l'ANMS créée après le scandale du Médiator et qui est loin de remplir son rôle auprès des patients ! 

 

Annie Notelet